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Fri — 04.17 — 07:00 PM

Concert

lou doillon

Un monologue, c’est lorsqu’on parle tout seul à l’adresse de quelqu’un. Un soliloque, c’est lorsqu’on se parle à soi-même. Visiblement, Lou Doillon avait beaucoup de choses à se dire, mais par chance elle a aussi voulu les partager avec nous, les mettre en musique, et franchir une nouvelle étape dans une carrière de chanteuse qui ne cesse d’étonner. Après sa carrière d’actrice et l’inaugural Places en 2012, confié aux soins d’Etienne Daho, puis Lay Low trois ans plus tard, où elle déménageait son petit monde sensible chez le Canadien Taylor Kirk (Timber Timbre), voici donc Soliloquy, troisième album d’une auteure/compositrice qui n’aime rien tant que bousculer ses habitudes, fuir le confort, remettre en jeu ses trophées chèrement acquis.

A l’approche de ce nouvel album, c’est à un exercice d’équilibriste assez proche auquel Lou s’est livrée, en enregistrant une série de démos avec seulement une batterie et des riffs de guitares, live avec deux musiciens, dans une veine rêche et sèches héritée des White Stripes et des Black Keys. Ces chansons écrites en tournée, de chambre d’hôtel en trajets en bus, pour combler le blues des attentes et la mélancolie des départs, il y avait nécessité à les faire jaillir comme ça, mal peignées, sur la brèche instable des premières prises, sans calcul ni temps de recul. Dans les nouvelles chansons, elle l’assure, il y a les signes de ce changement. Elles sont plus sensuelles, plus sexuelles parfois, plus animales assurément, et l’une d’elles est même partagée avec l’une des chanteuses folk les plus fascinantes de notre génération, Chan Marshall (Cat Power).

 

Photo ©ZelieNoreda