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Weyes Blood : envoûtante sirène

portrait par Gil Colinmaire

Elle a fait sensation ces derniers mois avec un nouvel album de pop instrumentale, cité par la critique comme l’un des meilleurs de l’année, et sort tout juste un nouvel EP composé de versions alternatives. La jeune Weyes Blood s’extirpe désormais de sa chambre submergée – référence à l’iconique pochette de Titanic Rising – pour embarquer dans une tournée mondiale et, ironie du sort, sur notre fameux bateau bordelais le 3 novembre prochain, en compagnie d’Ana Roxanne.

Sous ses atours d’americana du siècle passé, baignée d’un doux halo spirituel, on en oublierait presque que la musique de Natalie Mering est en réalité née d’une rébellion. Celle d’une ex- adolescente révoltée contre les dogmes imposés par la religion de ses parents, fervents catholiques l’éduquant, de la Californie à la Pennsylvanie, à grand renfort de prêches évangélistes et autres camps aux allures sectaires. Le « christian rock » dont son musicien de père est friand aura finalement raison d’elle. Signant ses premières compositions à l’âge de 15 ans, sous des variantes de son actuel pseudonyme Weyes Blood – référence provocatrice à l’hérétique roman Wise Blood de Flannery O’Connor –, la jeune artiste échappe à son quotidien en se réfugiant dans la scène noise underground de l’époque. Dans un premier temps comme bassiste du groupe Jackie-O Motherfucker, invité de Sonic Youth à ses « All Tomorrow’s Parties », puis au sein de la formation Nautical Almanac. Après un premier album solo sorti en 2011, elle rejoint l’écurie Mexican Summer avec laquelle elle publie The Innocents, et surtout Front Row Seat to Earth, majestueux album de folk inspiré de ses récents déboires à New York, dont elle a fini par s’échapper pour retourner à son Los Angeles natal. Et si c’est l’âme toujours quelque peu torturée que Natalie chante sa peur du monde qui l’entoure – son dérèglement climatique et son capitalisme aliénant, ou sa mise à mort du romantisme –, c’est avec une pointe d’optimisme et de résistance qu’elle s’y attelle sur son sublime dernier album, le nostalgique Titanic Rising, sorti sur Sub Pop. Refusant de succomber aux abysses de la société moderne, son chaleureux vibrato et sa pop orchestrale maintiennent l’auditeur en flottaison, évoquant tour à tour le charme désuet et scintillant des Carpenters (les poignants “A Lot’s Gonna Change” et “Something to Believe”) ou les lumineux The Mamas and the Papas (la joie salvatrice de “Everyday”).
Déjà encensée par la presse internationale, Weyes Blood ne manquera pas d’emporter l’IBOAT dans ses rêveries aquatiques. Largage des amarres prévu pour le 3 novembre prochain, une dizaine de jours seulement après la sortie de son tout nouvel EP, Rough Trade Session.

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